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« Mon enfant fait des crises pour tout. »

« On doit négocier chaque chose : s’habiller, se laver, manger, éteindre la télévision, aller se coucher… »

« Il dit non à tout et je ne sais plus comment réagir. »

Ces phrases, de nombreux parents les prononcent lorsqu’ils ont le sentiment que le quotidien est devenu une succession de conflits. Une consigne peut rapidement se transformer en négociation, puis en colère, en pleurs ou en crise.

Lorsque cette situation se répète jour après jour, les parents peuvent finir par se sentir épuisés, démunis, voire culpabilisés.

Pourtant, derrière un enfant qui s’oppose à tout, il n’y a pas nécessairement un problème d’autorité ou un enfant qui chercherait volontairement à « pousser ses parents à bout ».

Et si, derrière ces crises répétées, il y avait quelque chose d’autre à comprendre ?

Pourquoi mon enfant fait-il des crises pour tout ?

L’opposition fait partie du développement de l’enfant. Grandir, c’est aussi apprendre à exprimer ses envies, ses préférences et son besoin d’autonomie.

L’enfant découvre progressivement qu’il peut dire non, faire des choix et affirmer ce qu’il souhaite.

Mais lorsque les crises deviennent très fréquentes et que tout devient sujet à négociation, il peut être intéressant de regarder ce qui se passe au-delà du comportement.

Un enfant peut s’opposer davantage lorsqu’il est :

  • fatigué ou surstimulé ;
  • confronté à beaucoup de changements ;
  • en difficulté pour gérer ses émotions ;
  • en recherche d’autonomie ;
  • inquiet ou anxieux ;
  • frustré par une situation qu’il ne comprend pas ;
  • en demande de davantage de sécurité ou d’attention ;
  • traversé par une difficulté qu’il ne sait pas encore mettre en mots.

Le comportement est alors une manière d’exprimer quelque chose.

Cela ne signifie pas qu’il faut tout accepter. Comprendre n’est pas céder.

C’est chercher à comprendre ce qui se joue afin de pouvoir poser un cadre plus ajusté.

Quand chaque demande devient une négociation

« Encore cinq minutes. »

« Mais pourquoi ? »

« Je veux choisir mes vêtements. »

« Je ne veux pas prendre mon bain. »

« Je veux encore regarder un dessin animé. »

« Tu avais dit que je pourrais… »

Au fil des jours, les parents peuvent avoir l’impression de devoir argumenter pour absolument tout.

Et plus ils expliquent, plus l’enfant argumente.

Un cercle s’installe alors :

une demande → un refus → une explication → une négociation → une nouvelle demande → une colère.

Le parent finit parfois par céder simplement parce qu’il n’a plus l’énergie de poursuivre.

À l’inverse, il peut aussi finir par crier, menacer ou multiplier les sanctions parce qu’il ne sait plus comment sortir de cette dynamique.

Ce fonctionnement peut rapidement devenir épuisant pour toute la famille.

Poser une limite ne signifie pas entrer dans un rapport de force

L’enfant a besoin de limites.

Mais une limite n’a pas besoin d’être accompagnée de dix minutes d’explications.

Par exemple, plutôt que de multiplier les arguments :

« Je sais que tu veux continuer à jouer, mais maintenant il est temps d’aller prendre ton bain. »

L’enfant peut être déçu.

Il peut même être en colère.

Et cette émotion peut être accueillie sans que la limite disparaisse :

« Tu aurais aimé continuer à jouer. Je comprends que tu sois déçu. Et maintenant, c’est l’heure du bain. »

Il y a ici deux choses différentes :

l’émotion est accueillie, la limite reste posée.

C’est un repère important pour l’enfant.

Il découvre progressivement qu’il peut être en colère sans que le cadre familial disparaisse pour autant.

Que faire lorsque mon enfant est en pleine crise ?

Lorsqu’un enfant est submergé par la colère ou la frustration, ce n’est généralement pas le meilleur moment pour essayer de lui faire entendre un long raisonnement.

Le parent peut alors chercher avant tout à maintenir la sécurité et à réduire l’escalade.

Quelques repères peuvent aider :

1. Faire moins de mots

Lorsque la tension monte, les longues explications peuvent parfois alimenter la négociation.

Une phrase courte, claire et répétée calmement peut être plus adaptée.

2. Ne pas chercher à gagner

Une crise n’est pas nécessairement un combat qu’un parent doit remporter.

L’objectif est plutôt de maintenir le cadre tout en aidant l’enfant à traverser son émotion.

3. Nommer ce qui est vécu

« Tu es très en colère parce que tu voulais continuer. »

Mettre des mots sur ce qui se passe peut aider l’enfant à se sentir compris, sans pour autant modifier la règle.

4. Rester attentif à son propre état émotionnel

C’est parfois le plus difficile.

Lorsque l’enfant crie, le parent peut lui aussi sentir la colère monter.

Avant de répondre, prendre quelques secondes pour respirer, ralentir et retrouver son calme peut permettre d’éviter que la situation ne devienne une escalade entre deux émotions.

Et si le comportement de mon enfant réveillait quelque chose chez moi ?

C’est une question que l’on pose moins souvent.

Pourtant, certains comportements de nos enfants peuvent particulièrement nous toucher.

Un enfant qui dit non peut réveiller chez son parent un sentiment de perte de contrôle.

Une crise peut faire surgir la peur de « mal faire ».

L’opposition peut réveiller de la colère, de l’impuissance ou même des souvenirs de notre propre enfance.

C’est pourquoi accompagner un enfant ne consiste pas toujours uniquement à chercher « comment faire pour qu’il arrête ses crises ? »

Il peut également être intéressant de se demander :

Qu’est-ce que cette situation provoque chez moi ?

Qu’est-ce que je ressens lorsque mon enfant s’oppose ?

Qu’est-ce que je redoute lorsque je pose une limite ?

Quelle place ai-je moi-même laissée aux émotions et à l’opposition lorsque j’étais enfant ?

Ces questions ne servent pas à culpabiliser le parent.

Au contraire.

Elles peuvent permettre de mieux comprendre les interactions qui se jouent au sein de la famille et de retrouver davantage de liberté dans sa manière de réagir.

Quand faut-il se faire accompagner ?

Toutes les colères et toutes les oppositions ne nécessitent évidemment pas un accompagnement.

Mais lorsque les crises deviennent très fréquentes, très intenses ou qu’elles prennent une place importante dans la vie familiale, il peut être intéressant de ne pas rester seul face à la situation.

On peut notamment demander de l’aide lorsque :

  • les journées sont rythmées par les conflits ;
  • les parents ont le sentiment de « marcher sur des œufs » ;
  • les crises sont très intenses ;
  • l’enfant rencontre également des difficultés à l’école ou avec les autres ;
  • les parents ne savent plus comment poser leurs limites ;
  • les relations familiales deviennent tendues ;
  • les parents se sentent épuisés ou dépassés.

Un accompagnement permet alors de prendre le temps de comprendre ce qui se joue, d’observer les interactions familiales et de chercher des réponses adaptées à l’enfant et à son environnement.

Comprendre l’enfant plutôt que seulement corriger son comportement

Lorsqu’un enfant fait des crises pour tout, il est tentant de vouloir faire disparaître rapidement le comportement qui nous dérange.

Pourtant, derrière une colère, une opposition ou une négociation permanente, il peut y avoir beaucoup de choses à entendre.

L’objectif n’est pas de laisser l’enfant tout décider.

Il n’est pas non plus de chercher à obtenir un enfant qui obéit immédiatement à toutes les demandes.

Il s’agit plutôt de construire un équilibre entre le besoin de sécurité de l’enfant, son besoin d’autonomie et le cadre nécessaire à la vie familiale.

Parfois, changer notre regard sur le comportement permet déjà de changer notre manière d’y répondre.

Et lorsque le parent retrouve davantage de sérénité, l’enfant peut lui aussi progressivement trouver un autre chemin pour exprimer ce qu’il ressent.

Vous rencontrez des difficultés avec votre enfant ?

En tant que psycho-praticienne et psychanalyste à Nantes, j’accompagne les enfants et leurs parents autour des difficultés émotionnelles, des colères, de l’opposition, des changements de comportement et des questionnements liés à la parentalité.

Mon approche cherche à prendre en compte l’enfant dans sa globalité, mais également son environnement, son histoire et les relations qui l’entourent.

L’objectif n’est pas simplement de faire disparaître un comportement, mais de comprendre ce qu’il peut venir exprimer et de soutenir progressivement un fonctionnement familial plus serein.

📍 Accompagnement parents et enfants à Nantes.

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